Le FC Nantes est plus proche que jamais de changer de propriétaire. Selon L’Équipe, un protocole d’accord aurait été signé mardi entre la famille Kita et Phenix Sports Invest, le pool d’investisseurs emmené par Paulo Tavares. Avant une validation attendue après le passage devant la DNCG, le parcours du principal visage de ce projet de reprise mérite toutefois d’être rappelé.
Le Portugais de 55 ans, entrepreneur et ancien intermédiaire dans le football, est présenté comme le chef de file de ce groupe d’investisseurs français, portugais et luxembourgeois. Le montant de l’opération serait proche de 100 millions d’euros, hors bonus. L’Équipe rappelle également que Tavares avait déjà été associé à des projets de reprise à Valenciennes et Saint-Étienne, sans qu’ils n’aboutissent.
Paulo Tavares et le précédent Neuchâtel Xamax
Son nom apparaît notamment dans une enquête publiée en 2019 par France 3 Hauts-de-France, en collaboration avec Médiapart et Mediacités et à partir d’éléments issus des Football Leaks. À l’époque, Tavares était présenté comme un intermédiaire du projet de reprise de Valenciennes porté par III Sport Invest et Éric Besson. L’enquête revenait également sur son parcours dans le football et sur son passage dans l’entourage de Neuchâtel Xamax.
En 2011, Paulo Tavares avait été sollicité par l’homme d’affaires tchétchène Bulat Chagaev après le rachat de Neuchâtel Xamax. Il avait notamment participé au recrutement de l’entraîneur brésilien Sonny Anderson. Quelques mois plus tard, le club suisse déposait le bilan, avant que sa faillite ne soit prononcée le 26 janvier 2012.
La situation financière laissée par cette période fut particulièrement lourde : l’Office des poursuites et faillites du canton de Neuchâtel avait recensé 364 créances pour un montant total de 24 millions de francs suisses. Des investigations judiciaires avaient par ailleurs été ouvertes contre Bulat Chagaev et plusieurs dirigeants du club.
Il convient toutefois de distinguer les responsabilités. Les sources disponibles identifient Bulat Chagaev comme le propriétaire et dirigeant de Neuchâtel Xamax au moment de la faillite, tandis que Tavares intervenait comme conseiller et recruteur dans son entourage. Dans l’enquête de 2019, Tavares affirmait de son côté ne jamais avoir été payé pour son travail auprès de Chagaev.

