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Vente FC Nantes : « Attention à ce que la farce ne devienne pas tragique », les révélations explosives de Romain Molina

Alors qu'un accord de principe a été trouvé entre Waldemar Kita et le fonds Phoenix Sports pour la vente du FC Nantes, le journaliste Romain Molina a publié une vidéo au vitriol sur les coulisses des négociations. Selon lui, le dossier est encore très loin d'être finalisé et les montants évoqués relèvent du mirage.

« Je crois que c’est l’une des vidéos les plus folkloriques que j’ai eu à tourner. » D’entrée de jeu, Romain Molina annonce la couleur dans sa dernière vidéo au sujet du rachat du FC Nantes. « Je ne sais pas par où commencer. Entre ce que demandaient les Kita ces derniers mois, le prix, le montage financier, le pool d’investisseurs… Il y a quelques années, j’ai dit qu’on mesurait la mauvaise gestion d’un club sur l’échelle de Kita. Là, même l’échelle de Kita est explosée avec ce possible rachat. » Rien que ça.

L’argent n’est pas là : « Un rachat est loin d’être fait »

S’il le célèbre Youtubeur confirme que les deux parties sont actuellement en négociations exclusives et qu’un accord de principe existe, « le rachat est loin d’être fait« . « Aujourd’hui, l’argent n’est pas sur le compte de Waldemar Kita, il n’y a pas de signature définitive de rachat, précise-t-il. Il y a beaucoup d’étapes à franchir et de nombreux investisseurs qui se sont avancés n’ont jamais eu les clubs. Cela arrive très souvent. En prime, ce rachat, si jamais il doit se faire, devra être conforme à la nouvelle loi votée en août, qui donne des responsabilités et des prérogatives plus larges à la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) dans la vérification des fonds. »

Et comme de nombreux observateurs et commentateurs, à l’instar de Daniel Riolo, Romain Molina pointe du doigt le profil de Paulo Tavares, intermédiaire déjà cité dans des tentatives avortées de rachat à l’AS Saint-Étienne, au Valenciennes FC ou même Troyes, plus récemment. Il évoque également la structure de Phoenix Sports Invest, dont le capital social ne s’élèverait qu’à 1 000 euros, détenue à 95 % par l’agent portugais Luis Sousa, sous pseudonyme.

« On a dépassé le folklorique, avec Paulo Tavares, on est même parfois dans le burlesque, s’amuse Molina. C’est une personne très sympathique, on passe de très bons moments avec lui. Il est affable, il a beaucoup d’humour, il a aussi un sens de la débrouille, il ne manque pas de culot. Par le passé, il a su se glisser dans certains deals importants, comme l’arrivée de (Leonardo) Jardim à Monaco. Mais depuis quelques années, c’est plus compliqué. Il a voulu se spécialiser dans des rachats de club ces dernières années et ça a toujours échoué. A chaque fois qu’il a fallu sortir l’argent, il n’est jamais arrivé sur les comptes. » Un premier point de vigilance à prendre très au sérieux.

Waldemar Kita au coeur d’un montage ambigu ?

C’est l’une des révélations les plus surprenantes de Romain Molina : pour faire aboutir la transaction et pallier le manque de fonds immédiats, c’est l’actuel propriétaire des Canaris qui financerait en partie sa propre sortie ! « Waldemar Kita, qui vend son club, ferait crédit à l’acheteur de 15 à 20 millions d’euros », selon notre confrère. Quant aux 30 millions d’euros actuellement placés sur un compte séquestre, l’argent serait issu d’un prêt à un taux d’intérêt à deux chiffres, toujours selon la même source. Un montage qui n’est pas sans rappeler celui de John Textor pour l’acquisition de Lyon ou bien les méthodes de Gérard Lopez à Bordeaux.

Lire aussi : Sur le point de racheter le FC Nantes, quel est réellement le passif de Paulo Tavares dans le monde du football ?

Dès lors, une question se pose : pourquoi Waldemar Kita s’est-il engagé dans des tractations aussi nébuleuses et à l’issue assez incertaine ? Selon Romain Molina, deux interprétations s’affrontent. Soit Waldemar Kita cherche à saisir une opportunité inespérée de valoriser son club à un prix bien supérieur aux réalités du marché de la Ligue 2, lui qui cherche à tout prix à le vendre le plus cher possible, soit il s’agit d’un calcul politique : « Si le projet foire, Kita pourra dire aux supporters : vous voyez, personne n’a d’argent et peut acheter le club. Et si jamais il vend et que le club est mort dans deux ans, il pourra dire qu’on a voulu le dégager et que c’est sans lui que le club est mort. »

Au milieu de ce possible jeu de dupes, c’est bel et bien l’avenir d’un club historique du football français qui se joue. « Quelle personne peut dignement dire que ce rachat est une bonne chose pour le FC Nantes ? Ce n’est pas que ça clignote rouge, c’est rouge de partout, alerte Molina. C’est désastreux et ça rappelle bien évidemment Bordeaux. Attention à ce que la farce ne devienne pas tragique dans quelques mois. » En attendant, tout le peuple nantais retient son souffle.

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